lundi 6 février 2012

Éditorial – février 2012

Eric Besson a annoncé début janvier 2012 la naissance d’un Centre National du Design, que l’APCI sera chargée de mettre sur les rails.

On ne peut que se réjouir d’une telle intention gouvernementale, qui prouve l’intérêt et l’importance que nos dirigeants semblent porter au design.

Mais quel est ce «design» auquel il est fait référence ? On peut en effet le considérer, par exemple, comme un des rouages du moteur économique, une démarche créative, une façon concurrentielle d’élaborer une offre, ou encore une affirmation artistique. La récente controverse quant à la contribution de Philippe Starck au passe Navigo montre les différences de perception entre bien des acteurs, politiques et professionnels sur le rôle et les moyens de sa promotion.

Par conséquent, lequel ou lesquels de ces aspects du design le Centre aura-t-il la charge de promouvoir particulièrement ?

Reprenons les choses depuis départ. Et tout d’abord… un peu de sémantique.


Dans l’ouvrage Le Design – Management stratégique et opérationnel, paru chez Vuibert en 2011, l’auteur (également membre de l’association [If] Design !) définit le design comme « la démarche qui satisfait durablement les besoins du consommateur tout en générant un profit pour l’entreprise ».

Cette approche, éminemment industrielle, considère le design dans une optique « série », c’est à dire destinée à dupliquer une offre (bien ou service) dans des conditions optimales de satisfaction et de profit.

Mais dans le même temps, l’ouvrage met en valeur les composantes historiques, artistiques, culturelles et technologiques du design, et également sa composante organisation de l’entreprise, via le design management.

Moralité : le design est à la fois une démarche et un ensemble d’outils visant à formaliser un concept, destiné ou non à être reproduit en série.

Dans l’hypothèse où cette acception du design est admise, comment le Centre doit-il mettre en œuvre les actions destinées à le promouvoir ?

Il nous semble que trois axes sont concevables :
  • La promotion d’une approche spécifiquement française du design, que celui-ci soit le fait de créations uniques ou d’offres manufacturées. Ce « design français », mélange de culture artistique et industrielle, de savoir-faire artisanal et technologique et d’approches formelles spécifiques doit effectivement être reconnu internationalement.
  • La promotion d’une démarche structurée et d’outils (métiers et moyens) précis qui permettent aux entreprises de tirer un avantage fort du design, notamment en termes économiques.
  • La promotion d’une chaîne de valeur structurée du design, de la formation initiale à la formation permanente, destinée à l’ensemble des professionnels du design, qu’ils soient designers ou acteurs du design.

Le débat est ouvert !

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