mercredi 5 décembre 2012

Compte-rendu de la table ronde [If] Design "Crise du design ou design de crise"

Le 25 octobre s'est tenue une Table Ronde proposée par l'association Île-de-France Design autour du sujet du design dans la crise, ou de la crise du design.


Intervenants :
- Didier Saco, Directeur Didier Saco Design. Après avoir été directeur artistique au sein d’agences de communication corporate, Didier Saco a ouvert son agence en 1990. L'agence intervient sur les domaines design corporate, design pack, design product, design mobile, design urbain pour les marques des secteurs luxe, cosmétique, institutionnels, bancaires et culturels.

- Cyril Terrien, Designer industriel, a developpé au sein de Veolia un projet de camion hydrocureur durant 6 ans et est actuellement consultant en projets innovants


voici la présentation de l'intervention de Didier  Saco : "La crise est une marque, pouvons-nous la designer ?" :


En conclusion :
Il faut arrêter de nous faire plaisir, personne ne nous suit... Il faut faire parler la marque, et arrêter de parler entre designers...
Y a-t-il eu un moment ou les designers n'ont pas considéré que le marché était en crise ? En fait, la nouvelle génération sait parfaitement composer avec la situation. Le tout est de comprendre que le métier change, et que nous changeons de paradigme.



Merci à tous, participants et intervenants, pour cette table ronde riche en échanges et à très bientôt ! 


Présentation de l’association IF Design
L’association a pour objectif la promotion de la démarche et des outils du design sur Paris et sa région et travaille plus précisément à :

  • Regrouper des professionnels qui agissent selon une déontologie partagée quant à la mise en œuvre de la démarche et des outils du design ;
  • Mettre en avant un design spécifiquement issu de l’Île-de-France ;
  • Assurer un flux d’informations exhaustif et régulier pour chacun des membres de l’association, sur l’ensemble des évènements ayant trait au design.

En partenariat avec le Club Design & Innovation du réseau des diplômés de l’ESSCA.

vendredi 30 novembre 2012

Naissance de designcode : un collectif de design managers pour promouvoir la création de valeur par le design pour l’entreprise

Lors d'une conférence de presse à la CCIP le 22 novembre, les designers intégrés Anne Asensio, François Lenfant, Pierre-Yves Panis, Philippe Picaud, Gilles Rougon ont annoncé la naissance de leur collectif « designcode » destiné à démontrer que même et surtout en période de crise, le design transforme l’entreprise et est source de valeur.

La démarche est particulièrement notable car c’est la 1ère fois que des design managers représentants de grosses entreprises interviennent ensemble et mettent leur vision et leur expérience du design (vu comme outil de stratégie d’entreprise) au service des entreprises, écoles et organismes divers, de façon ouverte et désintéressée.

Les fondateurs du collectifs, s’ils agissent ici en leur nom propre, sont néanmoins des cadres dirigeants au sein de grandes entreprises française, et des références incontournables du design management, qui ont pu montrer à des niveaux stratégiques et pour des entreprises de secteurs variés que le design est source de valeur, que cette valeur contribue à la compétitivité de nos entreprises.

  • Anne Asensio est VP design experience de Dassault Systèmes, ex General Motors et Renault,
  • François Lenfant est Manager Global Product Design chez GE healthcare, 
  • Pierre-Yves Panis est le nouveau VP Design & User Experience chez Orange, ex Legrand,
  • Philippe Picaud est design director chez Carrefour, ex Décathlon, 
  • Gilles Rougon est design manager EDF R&D, ex GUNNEBO, ex PSA.

Les prémisses de cette démarche, qu'ils ont pu développer lors de la conférence de presse, sont que, si une conscience commence à apparaître dans certaines entreprises de considérer le design comme un axe stratégique, le chemin à parcourir reste néanmoins énorme autant en termes de pédagogie auprès des divers acteurs de l’entreprise (et de son environnement), que de consolidation des corpus d'un métier encore jeune, de partage des pratiques de la discipline, et de transmission vers les nouveaux et futurs diplômés, qui ne connaissent pas ou peu ce métier.

Dans le contexte actuel, le design management est un outil essentiel pour transformer la différence en préférence, aider l’entreprise à évoluer, et développer la compétitivité.
Ils ont également rappelé que le designer doit créer sa place dans l'entreprise, et se vendre en interne en adoptant le langage et les pratiques du business, y compris dans les indicateurs de performance.


Les design managers ont donc décidé de communiquer leur passion du design, et de mettre leur expérience et leur vision au service des enjeux du management du design en entreprise.
Le collectif, qui se veut « engagé, pertinent, éclaireur », a pour objectif de :

  • valoriser le rôle du design interne et promouvoir la création de valeur apportée par le management du design,
  • échanger sur les bonnes pratiques, notamment les modes de gouvernance,
  • définir des critères de performance permettant de mesurer l’impact du design.

La démarche des "5 sages", qui devrait s’adosser prochainement sur les réseaux sociaux, déplace le débat sur le plan du partage, de l’échange et de la collaboration, entre professionnels de l’entreprise et du design, dans une posture humble, professionnelle, et engagée.
Ils communiqueront prochainement sur leurs actions prévues : tables rondes, échanges avec les institutions, filières de formation au design, prises de parole auprès d’auditorat élargis, publications…
Leur première action a été d'adresser une lettre au conseil d'administration de l'ENSCI quant à l'ambition de l'école et l'essence de sa pédagogie.

Nous félicitons le jeune collectif -qui cumule 140 ans d'expérience dans l'univers du design- pour cette volonté d'apporter à l’entreprise des outils adaptés aux enjeux actuels et futurs, et lui apportons notre support !

Lire la synthèse complète de la conférence de presse sur le Go2prodblog.

vendredi 19 octobre 2012

Concours : le design, des métiers ? Prouvez-le en images !

Design Keys, le média collaboratif des métiers du design, organise un concours destiné aux designers, les invitant à promouvoir les métiers du design sous la forme de leur choix…


Si nous demandons aux personnes qui nous entourent ce qu’ils entendent par le mot design, que répondent-ils ?

Pour la moitié d’entre eux, le design n’est qu’une déco contemporaine vendue à un prix conséquent dans des magasins spécialisés. D’autres estiment que, quand même, “le design s’est démocratisé, notamment grâce à des magasins comme Ikéa” ou alors ont entendu dire que le design s’applique à n’importe quel objet, mais estiment cependant que rien chez eux n’a été réellement conçu par un designer.

Rares sont ceux qui ont entendu dire que la forme suit la fonction, ou qui sont en mesure de citer l’ensemble des disciplines que recouvre le design : design interactif, graphique, de packaging, produit, d’espace, de motion, sonore, etc.


Design Keys invite donc les designers à communiquer autour de leur métier.

Concours prolongé jusqu’au dimanche 10 mars à minuit.

mardi 9 octobre 2012

Editorial Octobre 2012 : Plus de design et moins d'impôts

Arnaud Montebourg, Fleur Pellerin et Jean-Paul Huchon se sont rendus courant septembre au Lieu du Design et se sont exprimés sur l'importance qu'ils accordent au design, notamment sur un plan économique.

Si l'on ne peut que se réjouir d'une telle attention portée au design, il n'est peut-être pas superflu, de façon préalable, de bien préciser ce que l'on entend par ce terme.
Sans revenir dans un débat récurrent, admettons simplement que le design, dans un contexte d'entreprise, est une démarche efficace visant à satisfaire le consommateur tout en générant durablement un profit pour ladite entreprise (insistons sur le mot "durablement").
Dans cette optique, le design se prévaut de deux dimensions :

  1. Une dimension culturelle : une façon spécifique de voir son marché et d’élaborer les offres correspondantes.
  2. Une dimension opérationnelle : une manière particulière de concrétiser ces offres, en utilisant l’ensemble des possibilités qu’offrent la science, la technologie, les matériaux et les procédés de fabrication.

Toujours dans un contexte d'entreprise, la prise en compte de ces dimensions induit une action sur trois leviers :

  1. La vision stratégique.
  2. Le mode d'organisation.
  3. L'utilisation optimale des outils du design (métiers et process).

Vouloir favoriser le design revient donc à "pousser" l'entreprise à prendre en compte ces deux dimensions et ces trois leviers, afin qu'elle propose au marché des offres innovantes, justes, performantes et génératrices de marge.
En pratique, une piste a été proposée : faire en sorte que le design puisse prétendre au crédit impôt-recherche.
Rappelons en deux mots en quoi consiste cette mesure : faire bénéficier aux entreprises d'un crédit d'impôt représentant un certain pourcentage des dépenses affectées à des opérations de recherche-développement — sous certaines conditions d'éligibilité (cf. dernière instruction fiscale parue au Bulletin officiel des impôts n°19 du 23 février 2012).
Problème : comment délimiter la part du design dans le processus global de recherche-développement d'une offre nouvelle ?
Deux possibilités :

  1. Considérer les ressources affectées à l'emploi de designers (qu'ils soient extérieurs ou intégrés). Autrement dit, faire appel à des designers entraînerait de facto la possibilité de bénéficier du crédit impôt-recherche dédié au design : toute entreprise pourrait potentiellement y prétendre du moment qu'elle fait appel à un designer, et quelle que soit la réelle plus-value qu'elle en retire. Le cadre paraît donc trop général.
  2. Préciser les conditions de recours à la démarche et aux outils du design : disposer de critères objectifs permettant de savoir si telle ou telle entreprise peut bénéficier du crédit impôt-recherche spécifique design, du fait de la prise en compte du périmètre complet du design (démarche et outils). Dans ce cas, l'aide au design pourrait prendre la forme d'un pourcentage supplémentaire venant se rajouter au crédit impôt-recherche existant.

Cela suppose l'établissement d'une "grille" précisant les conditions de recours à la démarche et aux outils du design : rappelons à ce propos que la majorité des processus auxquels les entreprises font appel ne procèdent pas autrement.
Dans ces conditions, pourquoi le processus design ne serait-il pas formalisé de façon simple, nette et précise afin que les entreprises "vertueuses" en termes de design puissent bénéficier d'une incitation fiscale équitable, attractive et utile ?


Christophe Chaptal de Chanteloup

Table ronde [If] Design "Crise du design ou design de crise" le 25 octobre

[If] Design a le plaisir de vous convier à une matinée table ronde autour du sujet


"Crise du design ou design de crise ?"

Invités :
- Didier Saco, Directeur Didier Saco Design, présentera « la crise est une marque : pouvons nous la designer ? »
- Cyril Terrien, Designer, Présentation du cas VEOLIA

Le jeudi 25 Octobre de 8h30 à 10h00 à Mutinerie, 29 rue de meaux – 75019 Paris

Une participation de 15€ sera demandée aux personnes non-membres de l’association. Le petit-déjeuner (Café, croissant, jus d’orange) vous sera offert.

Les places sont limitées, merci de bien vouloir vous inscrire par retour de mail rapidement !

lundi 27 août 2012

Compte-rendu de la table-ronde [If] Design "Y a-t-il un design Français ?"

Le 18 juillet s'est tenue une Table Ronde proposée par l'association Île-de-France Design autour du sujet des différences d'approches culturelles dans la démarche et les outils du design.

Intervenants : 
* Samuel Locus, de nationalité Belge, est architecte au sein du pole réalisation export de Valode et Pistre. Il a notamment travaillé pour les programmes Gare de Liège, Beaugrenelle…
* Clément Bataille, après avoir fondé l'agence de design Absolut, est entré chez Orange pour monter le centre de design dédié à l'innovation de rupture, la cocréation, les nouveaux territoires de business ; son équipe comprend 60 personnes.



Présentation par Samuel Locus du thème de la French touch et des caractéristiques du design français 


Avant toute chose, comment définir ce qui constitue une "touch" ?
  • elle est issue d'influences. Pour la France ces influences sont extrêmement larges et riches, pouvant aller jusqu'à l'art égyptien antique, et marquées par des grands noms comme l'architecte Le Corbusier, etc..
  • elle rassemble autour de valeurs communes.
  • elle est issue de connaissances et de capacités techniques spécifiques, le meilleur exemple étant les grands travaux des années 80 lancés par François Mitterrand, qui reposaient sur un savoir-faire avancé dans le béton, et qui ont eu un important impact mondial. En France la connaissance du béton et des matériaux découpés au laser sont une forte marque de fabrique.
  • elle propose une façon de représenter les choses, les fonctions. Le centre Pompidou est remarquable à cet égard. La caractéristique française est que l'approche théorique y très forte, on pourrait même la qualifier d'intellectualisée.
Par ailleurs construire en France est particulier : les architectes délèguent beaucoup aux entreprises. On peut citer comme exemples emblématiques de cette French touch :
  • le cube de béton et d'acier réalisé par Jean Nouvel pour l'exposition Suisse Expo 02
  • la lampe Sammode Kelvin : une lampe à la finition remarquable, tout en conservant un aspect brut, et faisant montre d'un souci du détail.
Une question reste ouverte : est-ce que ce sont ceux qui ne sont pas français qui ont la plus belle vue de la French touch ?


Intervention de Clément Bataille 
La profession de design en France compte environ 33.000 personnes… Il manque cependant une culture du design en France, et cela a pour conséquence des freins importants, notamment en ce qui concerne la perception des couts liés.
En conséquence, les entreprises françaises viennent généralement au design suite à la demande de clients, ou sous la pression de la concurrence.

Finalement nous ne sommes pas si différents que cela des autres pays, la différence se fait dans la façon de communiquer sur le design : Nous sommes un pays "normal !...
… Et c'est probablement la bonne manière d'aborder le sujet : il n'y a pas ou plus du point de vue de Clément Bataille de french touch.

Pour parler plus concrètement des TIC, la France a longtemps montré la voie dans le numérique. Dans le cas du Minitel, c'est tout le système qui a été designé, incluant le 3615… Cela fait penser à l'écosystème construit par Apple : iTunes / iPhone / contenus…

Le problème est que nous sommes convaincus en tant que français de notre supériorité, en nous targuant de réussites comme le TGV, et que cela nous empêche d'avancer. Cela ferait du bien de penser normal pour repartir sur de bonnes bases et évacuer les problèmes d'ego…
Orange a organisé un concours de design auprès de 5 écoles internationales. 2/3 des étudiants étaient étrangers, il n'y avait pas de particularité culturelle notable chez les participants français…


Echanges avec le public 
Pour brosser à grand traits les particularismes nationaux :
  • les Italiens sont dans le style, et l'assument sans complexe,
  • les Allemand sont axés sur le développement durable ou responsable,
  • les anglais ont une forte caractéristique sur le graphisme,
  • le particularisme de la France serait-il de faire des grands discours ?


Les Maux du design en France selon Clément Bataille :
  • la perception du mot 'design' est complètement galvaudée (c'est le seul pays où c'est le cas)
  • il y a sur-médiatisation d'une certaine catégorie de design, ce qui ne serait pas grave s'il y avait beaucoup de canaux de communication spécialisée, mais en France ils sont très peu nombreux…
  • le discours est centré sur le créateur et non sur le résultat, or les entreprises ont besoin de preuves, et non de discours : notre capacité d'abstraction nous joue des tours (elle peut être un outil puissant, mais est élitiste et déconnectée des réalités de l'entreprise : les Français sont sur l'intention, le génie créatif ; les anglais, eux, apportent des preuves !)
  • en France les structures sont très hiérarchisées, cela peut poser un problème (cf. le terminal de Roissy Charles de Gaulle, où personne n'a osé faire remonter à la hiérarchie les faiblesses structurelles du bâtiment, qui se sont soldées par un accident). d’autre part, le design est souvent rattaché au marketing alors qu’il aurait intérêt à être managé en direct par la direction générale.
  • il y a un problème de langage vis à vis de l'entreprise : le design est un métier d'empathie, et les designers ne savent pas assez se mettre en empathie avec l'entreprise…
  • en France le design est communiqué par des designers pour des designers.
On peut néanmoins être confiant : ces maux sont facile à changer :
  • le message passe doucement auprès des journalistes et leaders d'opinion.
  • il y a au sein du gouvernement des acteurs qui connaissent le design
  • l'exemple doit passer par les grosses entreprises, l'état, les collectivités (cf. La communication faite sur un créateur au détriment de l’offre)
  • on peut estimer que le message du design passera par les chantiers de la recyclabilité, du développement durable…
Il existe une spécificité française (ce qui comme précédemment évoqué fait tant sa force que sa faiblesse) sur l'approche sociologique, les sciences humaines, du fait d'un contexte culturel riche. 

Intervention de Didier Saco : la question serait plutôt : "Y a-t-il un design français achetable?" car le modèle économique français est difficilement transposable à l'international…


Merci à tous, participants et intervenants, pour cette table ronde riche en échanges et à très bientôt ! 

Rédacteur : François-Xavier Faucher

Présentation de l’association IF Design L’association a pour objectif la promotion de la démarche et des outils du design sur Paris et sa région et travaille plus précisément à :
  • Regrouper des professionnels qui agissent selon une déontologie partagée quant à la mise en œuvre de la démarche et des outils du design ;
  • Mettre en avant un design spécifiquement issu de l’Île-de-France ;
  • Assurer un flux d’informations exhaustif et régulier pour chacun des membres de l’association, sur l’ensemble des évènements ayant trait au design.
En partenariat avec le Club Design & Innovation du réseau des diplômés de l’ESSCA

 Cet article a également été publié sur le blog de Go2prod.

vendredi 29 juin 2012

Table ronde "Y a-t-il un design Français ?" le 18/07

[If] Design a le plaisir de vous convier à une matinée table ronde autour du sujet


"Y a-t-il un design Français ?"

Les différences d'approches culturelles dans la démarche et les outils du design.
La particularité française semble être la norme dans un certain nombre de domaines. 
Raisons historiques, cheminement culturel façonné au fil des siècles ou volonté affirmée de se différencier, cette particularité mêle souvent le meilleur comme le pire, notamment en termes de résultats commerciaux ou économiques.
Mais qu'en est-il du design français : quels sont ses spécificités, ses atouts et ses faiblesses, face au design des autres pays ?
Retours de professionnels ayant une expérience "multiculturelle" de la démarche et des outils du design...
Invités :
- Clément BATAILLE (Chief Creative Director / Design Strategy - Orange)
- Samuel LOCUS (Valode et Pistre)

Le mercredi 18 juillet de 8h30 à 11h30 au café le O’Paris, 1 rue des Envierges 75020 Paris
Une participation de 15 € est demandée aux personnes non-membres de l'association.

Les places sont limitées, merci de bien vouloir vous inscrire par retour de mail rapidement !

vendredi 18 mai 2012

Éditorial – mai/juin 2012


Si politiser le design ne paraît pas a priori souhaitable… admettons quand même que le design est fondamentalement une démarche politique !
Le design relève d’une volonté forte d’apporter un progrès dans le rapport entre l’homme et son environnement, en ayant soin d’équilibrer diverses contraintes, artistiques, techniques, ergonomiques, industrielles, et bien d’autres encore.
Pour cela, le design joue d’un certain nombre de leviers :
-       historiques ;
-       culturels ;
-       sociaux ;
-       géographiques ;
-       émotionnels ;
-       technologiques ;
-       économiques.
Et nous ne citons là que les principaux.
Que pouvons-nous alors souhaiter au design dans le cadre du nouveau quinquennat présidentiel ?
D’abord que le design soit véritablement perçu comme une aide à la réindustrialisation, parce qu’il sait parfaitement croiser savoir-faire technologique et façon spécifique de répondre à des besoins de marché : ici le low cost n’a pas sa place, et produire dans des zones à fort coût de main d’œuvre n’est pas un obstacle.
Ensuite que le design soit utilisé comme un « exhausteur » de tradition : la France a été un des acteurs importants de la révolution industrielle ; elle a su longtemps porter – et sait encore dans quelques domaines – des valeurs telles qu'innovation, raffinement technologique et remarquable qualité de finition, sans oublier une forte identité esthétique ou une certaine capacité à intégrer les évolutions d’ordre social. Le design pourrait lui permettre d’élargir ces valeurs à l’ensemble de la production made in France afin de typer une façon de faire générale, à l’instar de ce qu’a su réaliser l’Allemagne. Ce serait également l’opportunité d’opérer une approche harmonieuse et efficace des mutations qui sont en train d’apparaître, en termes de consommation, de fabrication, et plus généralement pour tout ce qui concerne les modes de communication et de coopération.
Enfin, que le design et le design management soient des disciplines aussi banalisées que le marketing, le contrôle de gestion ou la logistique : il n’est pas normal qu'ils souffrent d’être des exceptions culturelles, et que le débat sur ce qu’ils recouvrent puisse encore avoir cours, alors que ce n’est plus le cas dans d’autres pays.
En quelques mots, perception aigüe des besoins du marché, intelligence créatrice et performance industrielle, voilà ce que le design est susceptible d’apporter à une politique volontariste au service de l’industrie française !
Christophe Chaptal de Chanteloup

jeudi 10 mai 2012

Milan Design Week 2012 : rapport d'étonnement


La « Milan Design Week » (traditionnellement appelée salon du meuble de Milan) s’est tenue du 17 au 23 avril.
Ce rendez-vous annuel transforme la sage ville de Milan en lieu de toutes les expérimentations, de toutes les démonstrations de puissance ou d’acuité, qui n’ont plus nécessairement de lien avec le mobilier.
La caractéristique du salon se trouve dans son « off » qui a au fil des ans investi tous les quartiers de la ville, et qui sont l’occasion de prendre le pouls de l’activité économique, d’identifier les innovations et tendances créatives. Y sont présentées les nouvelles collections des éditeurs, des recherches prospectives de sociétés de secteurs très variés, des travaux de designers confirmés autant que ceux des écoles de design…
Dans le prolongement de notre analyse du salon Maison & Objet, les tendance de fond se confirment : plus de mainstream, amélioration de la qualité, etc. mais la confiance est moindre, les designers expérimentent de nouvelles perspectives…

  • D’un point de vue business : le… business avant tout !
Session en demi-teinte… La consommation européenne est extrêmement tendue et la visibilité est faible. Certains éditeurs traditionnellement orientés sur le marché résidentiel cherchent à se développer voire à se réorienter sur les marchés « contracts » (café / hôtellerie / restauration / tertiaire etc.). Cette tension a pour effet de contraindre les éditeurs au réalisme et à la sécurité : les pièces présentées sont abordables en prix et en styles pour un public large.
A noter cependant, outre la Hollande comme d’habitude très présente, le remarquable dynamisme de la scène de l’édition française avec encore cette fois un nombre étonnant de nouveaux petits éditeurs faisant montre d’une recherche pointue de créativité, adossée à de réels moyens financiers, techniques, et R&D. Ils étaient notamment portés par l’initiative « France design » organisée par le VIA et Particule 14 dans un lieu majeur de la zona Tortona : énergie, volonté, belles propositions… l’action a été saluée par de nombreux acteurs et observateurs internationaux (« very strong country statement »).

  • D’un point de vue collections : repli et minimalisme
Les fabricants montraient l’an dernier la voie de la simplicité, cela confine cette année au minimalisme : toujours plus de finesse, de soustraction… y compris dans les scénographies. Le discours honore la pureté du geste, la main de l’artisan. La démarche est cependant commode pour masquer des budgets en berne : difficile de ne pas y voir l’allègement des investissements en développement de produits et en communication (que ce repli soit justifié par de réelles difficultés ou par une discrétion de circonstance –l’heure n’est pas à l’ostentation).
Les scénographies faisaient d’ailleurs pour cette session la part belle au processus de développement, les entreprises saisissant l’occasion de démontrer leur savoir-faire en alignant les prototypes.
Dans ces conditions, peu d’innovations ou de réelle créativité : les sociétés rafraichissent d’anciens modèles ou se plongent dans leurs archives, font appel à des designers connus, ou élargissent leur cible : la frontière entre indoor et outdoor par exemple tend à s’effacer. Dans ce contexte le lancement par Ikea de la vente de dispositifs TV/vidéo intégrés dans son mobilier faisait figure d’événement !
L’artisan (local !) est placé au centre des valeurs des entreprises : des artisans fabriquent des fauteuils au milieu du stand, les mobiliers font appel à des techniques recherchées d’ébénisterie, rapprochement dans de nombreux cas de la haute couture (habillage de fauteuils usant de savoir-faire anciens de sellerie, passementeries soignées…)… l’origine européenne de la conception et de la fabrication étant bien sûr largement communiquées ! Les marques cherchent la confiance de leurs acheteurs, et cela se fait parfois au détriment de leur différenciation.

  • D’un point de vue tendances : un peu de rêve et de douceur…
Même si, comme précédemment évoqué, il n’y a pas de mainstream, on ressent, outre le minimalisme déjà évoqué, une recherche de légèreté, de pureté et de douceur.
Les formes se font précises, douces, courbes, enrobantes et protectrices. Les fauteuils, les espaces de travail se font bulles, cocons. Les assises sont souples, confortables. La fonction est primordiale sur le geste.
Les matières sont nobles (bois, marbre…) et mises en valeur par les finitions très soignées.
Les couleurs sont délicates, les coloris proches de l’irréel, de l’onirique : des tons joyeux mais discrets.
De façon générale, les productions évoquent un ailleurs idéal, qu’elles tentent de recomposer à partir de références éclectiques et de fragments du réel… des branchages, des éléments industriels sublimés… Cela se retrouve dans les scénographies fraiches, arborées, mais discrètes pour laisser la place à l’imagination…

  • Les designers, hors présentation de collections pour des commanditaires, développent quand à eux une recherche où le conceptuel prend de plus en plus le pas sur le formel,
et pour ce faire démontrent leur démarche, leur processus créatif, le résultat étant presque un prétexte… Il est vrai que des projets présentés par les designers à Milan, une infime partie est retenue par les éditeurs, qui en revanche y identifient des talents prometteurs. On pouvait donc voir (en particulier à Ventura Lambrate, qui a presque supplanté cette année le Salone Satellite pour la présentation de nouveaux talents) des expérimentations allant de l’artisanat au bricolage, obsédées par le faire et le savoir-faire, mais sans délire créatif.
Dans les mots-clefs récurrents cette année : travail sur le papier plié ou découpé, recherches sur l’interactivité et les nouvelles interfaces, réflexions autour des nouveaux modes de vie, de communication, imprimantes 3D, hacking.
De notre point de vue, le maître mot de la création d’avant-garde cette année est l’agilité, apportant au contexte socio-économique la réponse de l’autonomie, l’indépendance, un savoir-vivre basé sur le sens, l’émotion, la débrouille, et la maitrise d’outils traditionnels tant que modernes.

  • Sur le thème de la démarche et de la prospective,
notons l’initiative de Domus qui a fait au palazzo clerici un état de l’art fort complet du « futur de la conception et de la fabrication », sous forme d’exposition-laboratoire : imprimantes 3D, open design, fablabs, Arduino, crowdfunding étaient traités… Gageons que ces initiatives seront assimilées par un nombre exponentiel de designers dans les années qui viennent, donnant lieu à la fois à de nouveaux modèles économiques et à de nouvelles démarches sociales…


Lire également notre analyse du salon Maison & Objet M&O jan’12 : consolidation et optimisme raisonné.
François-Xavier Faucher
Cet article a également été publié sur le blog de Go2prod Go2prodblog.com

mercredi 28 mars 2012

Compte-rendu de la table ronde [If] Design du 08/03/2012 "Les modalités de rémunération des projets de design"

Les table rondes d'[If] Design

Modérateur : Louis-David Benyayer, Directeur associé du cabinet Vobiscum
Invités :
- Catherine Breitner, Grapus
- Armel Lecoz, designer de service, membre de la FING

Les tables rondes sont l’occasion de réunir des professionnels et des personnes intéressées par le design pour débattre de sujets d’actualité du design. 

Introduction

Louis-David Benyayer, cabinet Vobiscum et WOM, introduit le sujet en présentant plusieurs cas de design « gratuit » :
  • Philippe Starck pour le pass Navigo d’Ile-de-France ou les vélos bordelais ;
  • Boeing et sa stratégie de crowdsourcing : appel à 140 000 passagers pour concevoir son dreamliner
  • Plateforme Crowdspring aux USA, qui propose des compétitions non rémunérées, et rassemble 61 000 créatifs, 110 propositions en moyenne
  • usineadesign.com : tout le monde peut proposer un modèle (quelque soit son métier)
A l’inverse, des associations américaines ont entrepris de dénoncer les opérations de compétitions non rémunérées massives.

Pour comprendre les modalités de rémunération, il est nécessaire de commencer par définir ce qu’est une prestation de design en répondant aux questions :
  • Combien : quelle est la juste rémunération du design ? L’articulation prix-coût-valeur
  • Quoi : quelle est la prestation du designer ? Les composantes du design (esthétique, concepts, organisation de systèmes, réflexions sur l’usage, …)
  • Qui fait du design : professionnels vs amateurs, expérimentés vs juniors ?
  • Pour qui : grands comptes vs entrepreneurs ?


Présentation des activités des invités :

- Catherine Breitner, Grapus, années 80
Créé dans les années 70 en France, Grapus est un groupe de graphistes (une centaine) qui a acquis une influence certaine dans les milieux du graphisme français et international. Son ambition était de développer une recherche graphique ainsi qu’un engagement politique, social et culturel.
Le collectif proposait généralement aux institutions des projets déjà réalisés. Ils recherchaient la production de créations créées en amont.
Le travail était militant.
"Mieux vaut une bonne idée qu'un bon de commande."
"On gagne pas très bien sa vie mais on s'amuse bien."

Pour Catherine Breitner, il existe deux mondes : d’un côté, les graphistes dits « institutionnels » (esprit indépendant) et de l’autre côté, les graphistes qui travaillent en agence et qui répondent à une demande précise d’un client à un prix défini.
Pour illustrer la notion de rémunération, elle cite un exemple dans son parcours professionnel : on lui a demandé d’augmenter ses tarifs dans une de ses propositions commerciales (x4) pour être « crédible ».


- Armel Lecoz propose un service de design politique : ses clients sont politiques / institutionnels, il met en œuvre des dispositifs participatifs pour la conception de services publics.
Il part d'une phase d'observation et utilise les outils du designer pour emporter l'adhésion du client.
Exemple : dispositif mis en place au Sénat et au Parlement dont l’objectif est de faire appel aux citoyens pour proposer des lois (idée de « gouvcamp »).


Echanges et débats avec les participants :


Les difficultés à la vente de prestations de design

Difficulté à vendre ses prestations. Les designers sont-ils de mauvais commerciaux ?

Le design semble de plus en plus accepté comme incontournable dans le secteur économique, pour autant, sa valeur est de plus en plus diluée.
Le secteur a encore besoin d'évangélisation.
Une prestation considérée comme mal payée, au départ, peut être une façon de préparer le terrain dans le cas de structures qui sans cela n'auraient jamais fait appel au design.


La notion de gratuité

Travailler gratuitement peut correspondre à :
- un investissement commercial/marketing ;
- un modèle multifaces (une partie de la prestation est gratuite).


Le niveau de rémunération correspond à une légitimité attendue par les clients.
Ce niveau diffère selon les secteurs d’activités et les types de clients.

Emergence du « gratuit-payant » / freemium : le paiement n’intervient qu’après proposition des premières pistes.

Philippe Starck a la capacité de réaliser gratuitement certaines prestations : il possède la notoriété et la capacité financière. Le problème est que le reste de la profession ne peut pas se le permettre et que le message passé au marché est désastreux. Il aurait peut-être été préférable qu’il facture et reverse l’argent à une association, par exemple.


Refuser la gratuité ?
Il existe une confusion chez le client induite par l’appartenance à la Maison des Artistes qui n’est pas compatible avec une démarche commerciale.

L’ADC a publié un livre blanc sur les compétitions en design prônant  le refus des compétitions non rémunérées. Dans un secteur très concurrentiel, cette démarché est très peu respectée. Cela semble d’ailleurs plus valable pour le pack, la pub et l’archi et plus difficile pour le design industriel. Les réalités commerciales, économiques, et techniques sont différentes.

Aux Etats-Unis, le mouvement « No spec » (pour "No speculative work" http://www.no-spec.com/) fédère les militants, édite un code de bonne conduite, encourage l’envoi d’une lettre de refuis de réponse à l’appel d’offre aux annonceurs proposant une compétition non rémunérée. C’est un message tangible envoyé aux annonceurs.


L’évolution du métier de designer

Remise en question du métier de designer : le design est-il une création artistique ?
On assiste à une évolution du métier vers l’apport de valeur autre (conseil).

Nécessité de former les futurs designers à une carrière, une évolution. « Même si on s’amuse », il est nécessaire de ne pas perdre de vue qu’il s’agit d’un métier.
Un point rassurant : les entreprises demandent maintenant des grilles de salaires, des formalisations de postes. Le secteur se consolide.

Faire un métier de « passion » n’est pas opposé au maintien d’un niveau de ressources correct.

Il existe plusieurs métiers du design et ainsi plusieurs syndicats :
  • AFD
  • Fedi : code déontologie des marches
  • Designers interactifs
  • ...

Il apparaît que le secteur a changé et que l’on ne peut plus facturer certaines prestations (ou à très bas coût). La valeur ajoutée du design s’est déplacée. Le métier de designer a évolué, s'est segmenté, s'est complexifié, et dans le même temps il est plus aisé pour les donneurs d'ordre de faire appel à des compétences après les avoir comparées.  Les modèles économiques doivent être repensés.

Merci à tous, participants et intervenants, pour cette table ronde riche en échanges et à très bientôt ! 
Rédacteur : Tiphaine Igigabel – dici design & Club Design & Innovation du réseau des diplômés de l’ESSCA


Présentation de l’association IF Design

L’association a pour objectif la promotion de la démarche et des outils du design sur Paris et sa région et travaille plus précisément à :
  • Regrouper des professionnels qui agissent selon une déontologie partagée quant à la mise en œuvre de la démarche et des outils du design ;
  • Mettre en avant un design spécifiquement issu de l’Île-de-France ;
  • Assurer un flux d’informations exhaustif et régulier pour chacun des membres de l’association, sur l’ensemble des évènements ayant trait au design.

En partenariat avec le Club Design & Innovation du réseau des diplômés de l’ESSCA


mardi 7 février 2012

Les table rondes d'[If] Design

[If] Design a le plaisir de vous convier à une matinée table ronde autour du sujet
« Les modalités de rémunération des projets de design ou comment travailler plus pour gagner moins »

Modérateur : Louis-David Benyayer, Directeur associé Cabinet Vobiscum

Invités :
 Catherine Breitner, Cooperativedesign.com
 Armel Lecoz, designer de service, membre de la FING

Le jeudi 8 mars de 8h30 à 11h30 au café le O’Paris, 1 rue des Envierges 75020 Paris
Une participation de 15 € est demandée aux personnes non-membres de l'association. Le petit-déjeuner (Café, croissant, jus d’orange) vous sera offert.

Les places sont limitées, merci de bien vouloir vous inscrire par retour de mail rapidement !

lundi 6 février 2012

Éditorial – février 2012

Eric Besson a annoncé début janvier 2012 la naissance d’un Centre National du Design, que l’APCI sera chargée de mettre sur les rails.

On ne peut que se réjouir d’une telle intention gouvernementale, qui prouve l’intérêt et l’importance que nos dirigeants semblent porter au design.

Mais quel est ce «design» auquel il est fait référence ? On peut en effet le considérer, par exemple, comme un des rouages du moteur économique, une démarche créative, une façon concurrentielle d’élaborer une offre, ou encore une affirmation artistique. La récente controverse quant à la contribution de Philippe Starck au passe Navigo montre les différences de perception entre bien des acteurs, politiques et professionnels sur le rôle et les moyens de sa promotion.

Par conséquent, lequel ou lesquels de ces aspects du design le Centre aura-t-il la charge de promouvoir particulièrement ?

Reprenons les choses depuis départ. Et tout d’abord… un peu de sémantique.


Dans l’ouvrage Le Design – Management stratégique et opérationnel, paru chez Vuibert en 2011, l’auteur (également membre de l’association [If] Design !) définit le design comme « la démarche qui satisfait durablement les besoins du consommateur tout en générant un profit pour l’entreprise ».

Cette approche, éminemment industrielle, considère le design dans une optique « série », c’est à dire destinée à dupliquer une offre (bien ou service) dans des conditions optimales de satisfaction et de profit.

Mais dans le même temps, l’ouvrage met en valeur les composantes historiques, artistiques, culturelles et technologiques du design, et également sa composante organisation de l’entreprise, via le design management.

Moralité : le design est à la fois une démarche et un ensemble d’outils visant à formaliser un concept, destiné ou non à être reproduit en série.

Dans l’hypothèse où cette acception du design est admise, comment le Centre doit-il mettre en œuvre les actions destinées à le promouvoir ?

Il nous semble que trois axes sont concevables :
  • La promotion d’une approche spécifiquement française du design, que celui-ci soit le fait de créations uniques ou d’offres manufacturées. Ce « design français », mélange de culture artistique et industrielle, de savoir-faire artisanal et technologique et d’approches formelles spécifiques doit effectivement être reconnu internationalement.
  • La promotion d’une démarche structurée et d’outils (métiers et moyens) précis qui permettent aux entreprises de tirer un avantage fort du design, notamment en termes économiques.
  • La promotion d’une chaîne de valeur structurée du design, de la formation initiale à la formation permanente, destinée à l’ensemble des professionnels du design, qu’ils soient designers ou acteurs du design.

Le débat est ouvert !